Summertime : quel point commun entre cette comédie musicale urbaine et Raya et le dernier dragon de Disney ?

Sorti ce mercredi 15 septembre dans nos salles, « Summertime » est le troisième long métrage réalisé par Carlos Lopez Estrada, après « Blindspotting » et « Raya et le dernier dragon », auquel il a collaboré.

ÇA PARLE DE QUOI ?

Les vies de 25 jeunes habitants de Los Angeles s’entrecroisent pendant une chaude journée d’été.

LA MUSIQUE DANS LA PEAU

Sur le papier, rien ne semble lier Raya et le dernier dragon, dernier né des studios d’animation Disney qui nous transportait en Asie, et Summertime, comédie musicale urbaine et ensoleillée située dans les quartiers de Los Angeles. On les doit pourtant au même homme : Carlos Lopez Estrada, cinéaste mexicain qui vient de fêter ses 33 ans.

Remarqué grâce au percutant Blindspotting, qui a depuis donné lieu à une série, le metteur en scène a récemment changé de registre pour s’essayer à l’animation en secondant Don Hall à la réalisation de Raya et le dernier dragon. Le discours y était évidemment moins percutant, mais il ne s’est pas senti perdu pour autant.

« [Venir du live action] m’a aidé dans le sens où il y a une approche très cinématographique de l’animation dans Raya, et que les concepts de mise en scène des prises de vues réelles étaient adaptés ici », nous avait-il expliqué il y a quelques mois, au moment de la sortie du film. « La manière dont Disney fait des films et développe des histoires est très spécifique : je connaissais une bonne partie du langage de l’animation, sans vraiment avoir eu l’occasion de me plonger dedans. »

La sincérité avec laquelle ces jeunes artistes ont participé au film a le pouvoir de provoquer un vrai changement positif

Avec Summertime, il donne le sentiment de revenir aux prises de vues réelles, mais le hasard du calendrier rend les choses trompeuses. Car s’il est sorti dans les salles américaines le 9 juillet dernier, avant de faire de même chez nous le 15 septembre, il a été présenté au Festival de Sundance en janvier 2020, et se présente donc, en vrai, comme le second de ses longs métrages dans l’ordre chronologique. Mais ce n’est finalement qu’un détail, qui n’enlève rien au côté touche-à-tout de son auteur.

C’est en assistant à un atelier de « spoken word » (centré sur l’écriture de poèmes et leur mise en voix) que Carlos Lopez Estrada a une révélation. Comme il l’explique dans le dossier de presse, les vingt-cinq artistes présents ce jour-là ont en effet su mettre des mots sur des questions qu’il se posait. Et il leur a proposé de participer à un projet de fiction dans lequel leurs textes permettraient d’explorer leurs rapports respectifs à la Cité des Anges.

Dans sa manière de mettre en scène des minorités en musique sous un soleil de plomb, Summertime ressemble au premier abord à un pendant situé à Los Angeles du new-yorkais D’où l’on vient, sorti il y a quelques mois. S’il y a des similitudes dans les thèmes, le film de Carlos Lopez Estrada se démarque de celui de Jon M. Chu dans sa forme. Encore plus chorale, avec des séquences qui tiennent davantage du slam que de la comédie musicale classique, et une allure globale de mosaïque.

Metropolitan FilmExport

L’ensemble manque alors parfois de liant, mais il séduit par son énergie et les sujets qu’il aborde, du racisme à l’homosexualité en passant par la précarité ou la célébrité. Tout en révélant une poignée de nouveaux visages et de nouvelles voix : « La sincérité avec laquelle ces jeunes artistes ont participé au film est le genre de sincérité qui, à mon avis, a le pouvoir de provoquer un vrai changement positif », dit le réalisateur à leur sujet, toujours dans le dossier de presse.

Comme ses deux autres longs métrages, Summertime s’organise autour du vivre ensemble, thème clé de sa filmographie aussi jeune qu’éclectique. Et Carlos Lopez Estrada ne devrait pas manquer de nous le prouver un peu plus à l’avenir, puisque Disney lui a confié les rênes d’un remake de Robin des Bois pour sa plateforme. Un film qui mélangera prises de vues réelles et animation en images de synthèses. Avec des chansons ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-sept + 12 =