Cannes 2021 – Les Intranquilles : comment Damien Bonnard s’est préparé pour ce rôle intense

Joachim Lafosse est pour la première fois en compétition à Cannes avec « Les Intranquilles », un film intense, racontant l’histoire d’un couple mis à mal par la maladie, la bipolarité du mari (Damien Bonnard) face à Leila Bekhti.

Les Intranquilles suit un couple, Leila et Damien, qui tente tout pour rester uni, malgré la maladie. Le nouveau film de Joachim Lafosse s’intéresse à un homme souffrant de bipolarité. 

Ce rôle a nécessité une préparation particulière pour Damien Bonnard. Outre aller à la rencontre de personnes atteintes de bipolarité, l’acteur s’est prêté à une longue préparation, sur laquelle il revient à notre micro :

« Quand j’allume la machine pour la préparation, j’essaye d’allumer tous les boutons. J’ai été à plein d’endroits différents et c’est Joachim Lafosse qui m’a permis de le faire et la production, qui m’ont accompagnés là-dedans.

J’ai d’abord travaillé avec le peintre référent du film pour pouvoir peindre à sa place, et que ça soit crédible. Ensuite, je me suis formé au catamaran. Après j’ai appris le crawl. J’ai également appris à dépasser ma peur de la haute mer. Nager en pleine mer était quelque chose qui me faisait ultra peur. Joachim m’a accompagné et on a passé du temps pour se rassurer dans l’eau, et je n’en ai plus peur. J’ai pris 14 kilos pour le film.« 

Et de poursuivre : « J’ai passé beaucoup de temps à Sainte Anne avec un docteur spécialiste des maniaco-dépressifs qui s’appelle Luc Foucher, avec qui on a beaucoup échangé sur le scénario, sur les effets des médicaments.

J’ai également travaillé avec une psychiatre qui m’a permis de rencontrer des patients qui souffraient de ça avec qui j’ai pu échanger. J’ai lu des livres, notamment de Gérard Garouste, qui a écrit un très beau livre, L’Intranquille. Puis j’ai crée mon Damien.« 

Damien Bonnard détaille ce qu’il a appris de cette maladie auprès de patients : « Cette maladie est composée de phases maniaques, qui sont des phases de grande envie, de grande joie, de grande euphorie.

C’est comme une espèce d’élan vital mais survolté, et d’avoir envie de faire des choses riches et hyper généreuses. Du coup, elles sont très amplifiées, et parfois trop. Mais c’est aussi endroit de liberté totale, et qui en même temps, parfois, agresse les autres. 

C’est suivi par des phases de dépression totale qui sont des endroits où l’on est pratiquement sans vie, souvent accompagnées de médicaments qui sont très costauds, dont le lithium et des choses comme ça.

Chaque phase maniaque est suivie de la phase de dépression. On sait qu’après chaque phase jouissive, ça sera suivi forcément d’un contrecoup qui est ultra violent, mais quand on est dedans, on ne rêve que d’une chose, c’est de pouvoir revivre l’euphorie. C’est une espèce d’épée de Damoclès qui est en permanence au-dessus de soi.« 

Si la maladie occupe un rôle central du film, Les Intranquilles raconte avant tout une histoire d’amour : « Le film parle surtout d’amour et de ce qu’on fait quand quelque chose vient dérégler une stabilité et un équilibre, et comment est-ce qu’on le transforme.

Est-ce qu’on l’abandonne, est ce qu’on le fuit, est-ce qu’on le quitte, est-ce qu’on le répare… Dans un monde où l’on a plutôt tendance à abandonner assez facilement dès qu’il y a une petite difficulté, on arrête les histoires, on ne cherche pas à les réparer« , souligne Damien Bonnard.

Les Intranquilles sort sur les écrans le 6 octobre 2021. Il est en compétition cette année au Festival de Cannes.

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