Cannes 2021 – Mes Frères et moi : rencontre avec quatre nouveaux visages du cinéma français

Présenté dans la section Un Certain Regard de cette 74ème édition du Festival de Cannes, Mon frère et moi met en lumière le quotidien de quatre frères unis, désireux de s’en sortir tous par des moyens différents. Rencontre avec leurs interprètes.

Librement inspiré de la pièce de théâtre Pourquoi mes frères et moi on est parti… de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, Mes frères et moi suit le parcours de quatre frères aux personnalités sortant de l’ordinaire, qui vivent dans une cité non nommée, près de la mer. Ils font du foot, ils dealent, ils séduisent, ils travaillent, ils se cherchent et ils triment, pour tenter de joindre les deux bouts chacun à leur manière et payer à leur mère dans le coma les médicaments dont elle a besoin… Et surtout il(s) chante(nt). Enfin l’un d’entre eux.

En effet, le jeune héros (Maël Rouin Berrandou, pépite d’acteur déjà vu dans Parents d’élèves)  se découvre un talent pour l’opéra et aux côtés d’une cantatrice jouée par l’incandescente Judith Chemla, décèle en l’art son pourvoyeur de joie, son échappatoire. Dali Benssalah (incontournable futur James Bond’s boys au charisme fou), Sofian Khammes (sorte d’Aldo Maccione tendre et hilarant) et Moncef Farfar (diamant brut du film, au feu déjà sacré ) : tous sont drôles et émouvants, ont un vrai charme, une sincère gouaille et un talent à suivre absolument.

Maël Rouin Berrandou

CANAL+ / Orange / Festival de Cannes

Découvert par le grand public dans Parents d’élèves de Noémie Saglio, Maël Rouin Berrandou incarne Nour, le jeune héros du film qui, alors qu’il réalise des travaux d’intérêt général, fait la connaissance d’une chanteuse lyrique qui anime un cours d’été. Une rencontre qui va lui apporter la chaleur maternelle dont il a besoin et lui ouvrir de nouveaux horizons.

« On m’a proposé d’avoir une doublure pour le chant, mais je ne voulais pas. C’était une superbe expérience que de chanter de l’opéra lyrique, cela permet de gérer ta respiration, d’avoir une posture. J’ai pris trois mois de cours, une à deux heures par jour aux côtés d’une coach Dominique Moaty avant de travailler avec Judith Chemla qui est réellement chanteuse lyrique. »

Révélation du film, le jeune garçon inscrit dans la section conservatoire du 9e arrondissement, va faire une pause cet été après deux années de tournage, avant de reprendre les castings.

Dali Benssalah

CANAL+ / Orange / Festival de Cannes

« Mon personnage essaie d’être la figure paternelle de cette famille. Il veut la garder la tête au Nord, après un père décédé et une mère dans le coma. Il enchaîne les sacrifices, il est passé à côté de plein de choses mais il veut le meilleur pour ses frères, sauf qu’il ne sait pas ce qu’est ce meilleur. Il cherche du concret, un moyen de gagner de l’argent et l’art ne convient pas selon lui. Il est torturé dans son rôle. Il y a une vraie cohésion entre ces frères, notamment autour de la mère, qui est l’ancre du bateau. Si elle est déplacée, il leur manque ce qui les lie et ils doivent se réactiver pour la ramener. »

Après s’être distingué dans Les Sauvages, série originale de Canal + signée Rebecca Zlotowski, et avoir foulé les marches de Cannes cet été pour Mes frères et moiDali Benssalah apparaîtra au cinéma dans Mourir peut attendre, rien que ça : « Après avoir vu mon clip « Territory » de The Blaze, l’assistante de Cary Fukunaga l’a fait à l’américaine en disant « I want this guy ». S’en est suivi un casting en deux temps, puis sept mois et demi d’engagement. Un tournage très différent de tout ce que j’ai vécu jusqu’ici. »

Sofian Khammes

CANAL+ / Orange / Festival de Cannes

« Les gens vont se marrer, ils vont t’adorer », lui disait le réalisateur de Mes frères et moi, en décrivant son rôle. « Mo paraît très léger mais porte un masque. Il dit que monde que tout va bien, il fait des blagues mais souffre à l’intérieur. Avec ses scènes notamment de drague, j’ai pu m’amuser, c’était très jouissif. »

Bientôt à l’affiche du thriller Novembre de Cédric Jimenez, Sofian Khammes est hilarant dans la peau de ce frère dragueur invétéré, tentant de gagner sa vie avec sa gouille et son charisme :

« La musique est un moyen d’évasion, la culture est un moyen d’émancipation, de liberté, d’affranchissement et dans certains quartiers c’est comme un passeport. On peut aller ailleurs, affronter la vie mieux armé, encore faut-il qu’on vous tende la main. Sinon on reste enfermé comme mon personnage dans notre petit monde ».

Moncef Farfar

CANAL+ / Orange / Festival de Cannes

« J’ai été pris suite à un casting sauvage, juste après mon bac de français. » Diamant brut selon ses partenaires, Moncef Farfar incarne dans le film une « bombe prête à exploser à tout moment, mais qui a beaucoup d’empathie. Il a pris le mauvais chemin, aimerait en revenir mais c’est compliqué. Il est à sens unique. Il est en manque d’amour et ne sait pas si sa mère l’a aimé car avant qu’elle soit alitée. Il était le petit garçon turbulent qui se prenait des paires de baffe. Il a connu la phase de l’enfance de la correction », nous explique Dali Bensallah.

Après cette première expérience intense, le jeune garçon enchaînera les projets dont un téléfilm pour France 2 dans la veine de Moonlight aux côtés de Nawell Madani et Isabelle Carré et un tournage en mer avec Varante Soudjian, le réalisateur d’Inséparables.

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